Activités économiques : La valeur ajoutée créée par les entreprises en baisse en 2014

Selon le document « la Banque de données économiques et financières 2014», publié par l’Ansd, la valeur ajoutée créée par les entreprises du secteur moderne, a baissé de 8,6 %, se chiffrant à 1.348 milliards de FCfa en 2014 contre 1.474 milliards en 2013. Soit une baisse de 126 milliards en valeur absolue. Cette situation est imputable à la dégradation de la valeur ajoutée des industries (-39,8 %) atténuée par la progression notée dans les Btp (+14,2 %), le commerce (+6,9 %) et les services (5,9 %).
En dépit des conditions « plus propices » liées à la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent et à la consolidation des échanges avec le Mali, la valeur ajoutée des entreprises du secteur moderne a enregistré un repli de 8,6 % en 2014 par rapport à 2013. Elle se chiffre à 1.348 milliards contre 1.474 milliards en 2013. L’Ansd explique cette situation par la détérioration de la valeur ajoutée des industries (-39,8%). Toutefois, celle-ci est atténuée par la progression notée dans les Btp (+14,2%), le commerce (+6,9%) et les services (5,9%).
La perte de valeur ajoutée des industries est plus marquée dans les hydrocarbures (93 milliards), les industries pharmaceutiques (56 milliards) et la fabrication de produits agro-chimiques (48 milliards). Pour les hydrocarbures, certaines unités qui ont démarré leurs activités de prospection ont fait face à de nombreuses charges en particulier les services extérieurs. S’agissant des industries pharmaceutiques, les autres charges notamment les charges diverses ont alourdi les consommations intermédiaires. Quant aux industries agrochimiques, la contraction de la valeur ajoutée découle d’une baisse de la vente de produits fabriqués.

Prédominance des services
La structure sectorielle de la valeur ajoutée fait ressortir une prépondérance des services (62,5%), suivis de l’industrie (21,4%) et du commerce (11,4%).  Les Btp et annexes demeurent, comme par le passé, le secteur générant le moins de valeur ajoutée en 2014 (4,7%). La part des services s’est accrue en passant de 50,4 % en 2013 à 62,5 % en 2014. Les entreprises du secteur moderne, note l’Ansd, se caractérisent par leur capacité relativement limitée à générer de la richesse avec un taux de valeur ajoutée de 19,5 % en 2014 contre 21,9 % en 2013. Le document souligne que la richesse créée doit servir à rémunérer le personnel et les apporteurs de capitaux, à payer les impôts sur le résultat et à s’autofinancer. Sur ce point, il faut noter que les salariés sont les principaux bénéficiaires de la richesse générée par les entreprises. En effet, le taux de rémunération du travail – charges de personnel sur valeur ajoutée globale – a atteint 53,3 % en 2014 contre 49,2 % en 2013, en particulier pour les industries (60,2 %).

Hausse de 1,6 % de la pression fiscale
La pression fiscale, mesurée par le ratio « impôts sur le résultat sur valeur ajoutée », s’est accrue de 1,6 % en 2014. Elle se situe à 10,3 % en 2014 contre 8,7 % en 2013. Elle est en moyenne de 8 % sur la période 2008-2014. Par macro-secteur, les Btp ont la pression fiscale la plus élevée avec un taux de 13,6 % en 2014 contre 16,8 % en 2013. Elle est de 9,7 % en 2014 contre 8,7 % en 2013 pour le commerce, 7,4 % contre 4,8 % pour les industries et 11,1 % contre 10,5 % pour les services.
S’agissant de l’impôt sur le résultat concernant la valeur ajoutée globale, elle s’est accrue de 0,7 point en se situant à 7,5 % en 2014 contre 6,8 % en 2013. La distribution sectorielle des impôts va dans le même sens que celle de la valeur ajoutée avec une prédominance des services (54,3 %) suivis des industries (24,8 %), du commerce (14,8 %) et des BTP (6,2 %).

Les entreprises face au défi du remboursement des dettes
La dégradation du ratio capacité d’autofinancement des entreprises sur dettes financières s’est poursuivie en 2014. Ce ratio s’est établi à 12,7 % en 2014 contre 17,7 % en 2013 sous l’effet d’un affermissement de 10,1 % des dettes financières et d’une baisse de 21,3 % de la capacité d’autofinancement. Environ huit exercices sont nécessaires pour le remboursement des dettes à long terme. Cette tendance baissière de la capacité de remboursement a été notée dans les industries, le commerce et les services. Concernant le poids des dettes financières des entreprises – mesuré par le ratio « dettes financières sur total passif -, elle est restée stable en 2014, en se situant à 24,4 % en 2014 contre 24,5 % en 2013. Les industries (-1,6%), les Btp (-1,3%) ont connu des diminutions tandis que le commerce (+1,3%) et les services (+1,2%) ont enregistré des hausses. Toutefois, le niveau d’endettement des entreprises sénégalaises demeure encore satisfaisant relativement à leurs passifs, d’après l’Ansd. Elles disposent d’une marge d’endettement avec toutefois une capacité de remboursement limitée. S’agissant du ratio « endettement global sur capitaux propres », il s’est établi à 1,43 % contre 1,42 % en 2013. Ainsi, l’endettement global des entreprises reste largement supérieur à leurs capitaux propres dans tous les secteurs, surtout dans les industries du fait des mauvais résultats enregistrés ces dernières années. Parmi les instruments sollicités par les entreprises pour financer leurs activités figurent en grande partie les établissements bancaires. Le poids des concours bancaires courants sur l’endettement global des entreprises a diminué de 0,3 %, passant de 18,3 % en 2013 à 18,0 % en 2014. Cette diminution est observée dans tous les grands secteurs : le commerce (-4,6 point), les Btp (-0,6 %), les services (-0,3 %) et les industries (-0,6 %).

10.818 entreprises recensées en 2014
Le nombre d’entreprises répertoriées au Centre unique de collecte de l’information  (Cuci) s’est établi à 10.818 en 2014 dont 46,3 % dans les services, 33 % dans le commerce, 12,4 % dans les industries et 8,3 % dans les BTP. 97,4% de ces entreprises sont Pme.

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