Protection des forêts au Sénégal: ‘’Il faut une législation plus forte…’’, selon Cheikh Omar Sy, député

 

A quelques jours de la nuit de l’Environnement qui va se dérouler le samedi prochain au King Fahd Palace et organisée par le Réseau des parlementaires pour l’environnement (REPES), le député Cheikh Oumar Sy, par ailleurs secrétaire exécutif de ce réseau revient dans ce petit échange qu’il a accordé à Business221.com sur la coupe abusive de bois dans la forêt de la Casamance. Le parlementaire plaide pour une législation très forte afin de protéger la forêt. De même, il invite le gouvernement à ‘’mettre plus de moyens pour protéger l’environnement’’.

 

 

La coupe abusive du bois a repris dans la forêt de la Casamance. En tant que parlementaire, qu’est-ce que vous pensez de ce spectre ?

 

Aujourd’hui, on salue les alertes que les acteurs de l’environnement ont lancées à commencer par l’ancien ministre, Aly Haidar qui, à travers une vidéo, a montré la catastrophe écologique qui est en train de  se passer au niveau de la frontière entre le Sénégal et la Gambie, spécifiquement à Sédhiou et à Médina Yoro Foula. On salue aussi le fait que, suite à cette action, le ministre de l’Intérieur et le ministre de l’Environnement se sont rendus sur place pour constater de visu ce qui se passe et prendre des mesures idoines. Récemment, il y a le ministre des Forces armées qui est allé là-bas. Au-delà des matériaux qu’ils ont brûlés, aujourd’hui, ils sont conscients qu’il est important que l’Etat s’implique pour la protection du bois, du bois de veine et tout ce qui est en train d’être détruit. Aujourd’hui, on ne comprend pas comment la Gambie peut-être le deuxième  pays exportateur de ce bois dans la sous-région alors que l’essentiel vient du Sénégal.

Nous nous réjouissons aussi que l’ambassadeur de la France au Sénégal, son premier acte ait été de se rendre à Sédhiou dans la région de la Casamance pour constater les effets négatifs de cette coupe de bois et surtout la déforestation qui se passe là-bas.

 

Quels sont les problèmes auxquels vous êtes confrontés dans ce combat pour la protection de l’environnement ?

La vraie difficulté, c’est les moyens. Il faut que l’Etat mette plus de moyens pour protéger l’environnement. Il faut aussi doter les structures décentralisées pour qu’elles puissent jouer le rôle de protection. Il faut aussi renforcer les services des eaux et forêts sur place, surtout en personnel et en matériel. Aujourd’hui, il doit avoir une législation plus forte pour protéger notre forêt.

 

Vous demandez comment la Gambie peut-être deuxième pays exportateur de bois de veine dans la sous-région. Est-ce à dire que c’est ce pays qui est derrière les auteurs de cette coupe abusive ?

C’est entre la Gambie et le Sénégal, essentiellement le Sénégal mais, c’est une complicité. La Gambie ne peut pas venir au Sénégal, faire ce forfait s’il n’y avait pas de complices sénégalais, et des acheteurs comme les Chinois. Donc, c’est un cercle qui est là, qui existe et les autorités doivent sévir.

 

On a constaté que ces derniers temps, beaucoup de charrettes et de motos Jakarta ont été réduits en cendre, ce qui veut dire que l’Etat a sonné la riposte. Mais est-ce que celle-ci n’est pas un peu tard ?

Il n’y a jamais de riposte trop tard. Il y a surtout le fait qu’il faut avoir des mesures préventives plus fortes et aussi des incitations pour que les populations, elles-mêmes, jouent les acteurs de protection de l’environnement. Il faut aussi mettre à leurs dispositions des énergies renouvelables très accessibles qui puissent les permettre de ne pas aller dans une forêt pour couper le bois. Il faut aussi des protections fiscales qui font que si on sort et on coupe du bois, ça va coûter tellement cher que les gens seront découragés à le faire. Ce sont des conditions que l’Etat doit engager pour mettre au moins des mesures idoines pour protéger l’environnement. C’est le rôle de l’Etat. Ce n’est pas trop tard. C’est une mesure salutaire. Maintenant, il faut qu’il y ait une loi dans le cadre de la protection de nos forêts mais aussi, travailler avec les populations, avec les collectivités locales pour qu’elles jouent un rôle plus prépondérant dans la protection des forêts.

Articles similaires

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
avatar
wpDiscuz
Scroll Up