Samir Amin, Directeur du Forum du Tiers-Monde sur le développement de la chine: « L’expérience chinoise n’est pas transposable »

En marge de la table ronde sur le thème : « Expériences chinoises et africaines de développement »,  organisée par le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA), M. Samir Amin, Directeur du Forum du Tiers-Monde avance que l’expérience chinoise en matière de développement n’est pas transposable.
« L’expérience chinoise n’est transposable. Il y a des leçons à tirer de l’expérience chinoise. La Chine a sur beaucoup de plans mené des expériences personnelles. Sur la question agricole et rurale, la révolution chinoise a donné la terre à tous les paysans sur une parfaite égalité possible. Elle leur a donné la terre à propriété privée. Cet accès au sol est unique, il y a un seul exemple, celui du Vietnam. D’une part, nous partons d’un pays sous-développé, une agriculture à très faible productivité. La Chine a été confrontée à donner une autre réponse pour ne pas se substituer à l’exploitation familiale mais à choisir à rénover cette petite production agricole de s’améliorer », souligne Samir Amin en marge de la conférence.
D’après le conférencier, l’Afrique est confrontée aux mêmes problèmes que la Chine connaissait.
Et M. Amin de rajouter : « Comment résoudre ce problème ? La banque mondiale, l’Union européenne, nous disent qu’il y a une seule voie, ce que l’Europe et l’Amérique ont fait. Je dis qu’il n’y a pas une autre voie que la révolution de l’Agriculture familiale. En Afrique, nous devons refuser de perdre l’une de notre principale richesse, c’est la terre au profit des grandes multinationales, ou une couche de paysans riches locaux ».
Quant au Professeur Demba Moussa Dembélé, Directeur du Forum Africain des Alternatives, il souligne : « Sur bien de points, l’expérience chinoise n’est pas transposable .La banque mondiale et le FMI ont pris le contrôle de l’économie de tous les pays africains. Les africains ne peuvent pas compter sur les pays européens pour leur montrer la voie à suivre. Les africains ont besoin d’avoir un projet souverain, national, une souveraineté sur nos ressources naturelles. Il y a une ruée sur nos terres. Cette ruée sur nos terres, risque de redevenir une recolonisation. Si nous voulons nous développer, il faut que nous contrôlions nos terres ».
Le Professeur Yang Guang, Directeur de l’Académie Chinoise des Sciences Sociales souligne que le modèle chinois ne peut être transposé en Afrique.
« Ce que la Chine a adopté qui lui a permis de réduire la pauvreté. Les producteurs agricoles ne sont pas propriétaires des terres mais on leur a donné les terres pendant 40 ans afin qu’ils sachent quel type d’investissement faire. Aujourd’hui en Chine, dans tous les villages, l’électricité est disponible », poursuit le Professeur Yang Guang.
Massaër DIA

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