UEMOA : Le FMI satisfait de la croissance et inquiet de la vulnérabilité

Suite à son séjour du 7 au 15 février 2017, à Dakar et à Abidjan, le Fonds monétaire international a déclaré être satisfait de la croissance économique dans l’espace communautaire ouest-africain. L’institution a cependant noté, une vulnérabilité qui s’est accrue à cause des retards dans la mise en œuvre de réformes structurelles.Les pays ouest-africains ne pouvaient pas s’attendre à mieux. Après des séjours dans les deux plus grandes capitales de l’espace UEMOA, Dakar et Abidjan, la mission du Fonds monétaire international (FMI), s’est dite satisfaite des avancées économiques effectuées.

« La croissance du PIB réel devrait atteindre 6.5% pour la région. L’inflation reste faible, reflétant des récoltes agricoles particulièrement abondantes et des prix du pétrole bas. Les données préliminaires suggèrent un déficit budgétaire global de 4,5% du Pib en 2016, plus élevé que prévu initialement. La dette publique est en hausse et la couverture des réserves a baissé à 3,7 mois, reflétant une expansion continue des infrastructures publiques et un financement extérieur moindre que dans le passé », peut-on lire dans la déclaration publique du FMI.

Félicitant au passage les pays de l’espace communautaire sous-régional pour leurs efforts, l’équipe du FMI conduite par Roger Nord, directeur adjoint du département Afrique, s’est réjouie des performances impressionnantes de la Côte d’Ivoire, porte-flambeau de la croissance en Afrique de l’ouest. Le FMI a en outre salué la politique monétaire de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) en fin d’année 2016. La Banque a notamment augmenté le taux d’intérêt du guichet de prêt marginal de 100 points de base ainsi que la fixation des limites plus strictes de l’accès à ce guichet.

Une économie très vulnérable malgré tout

En faisant part de sa note de satisfaction pour la croissance économique, le FMI a aussi partagé avec l’espace UEMOA son inquiétude sur la fragilité de l’économie qui reste selon l’institution, soumise à des risques de régression. Détaillant l’avertissement du FMI, Boileau Loko, le Représentant-pays du FMI au Sénégal a expliqué que l’économie dans l’espace UEMOA était sujette à des « risques baissiers importants, caractérisés par les incertitudes mondiales, les dérapages dans les plans d’assainissement budgétaire, les ralentissements des réformes structurelles ainsi que la baisse prolongée des prix du cacao, etc. ».

Selon lui, le secteur privé ouest-africain n’arrive pas à générer une croissance forte et inclusive, dû aux lenteurs dans la mise en œuvre des réformes structurelles et aux retards constants dans la mise en œuvre de l’assainissement budgétaire recommandé par le FMI. Les Etats doivent tout faire pour réduire « à 3% du PIB en 2019, les déficits budgétaires et à accélérer la mise en œuvre des réformes pour mobiliser plus de recettes », a-t-il conseillé. Il s’agit là de recommandation des critères de convergence de l’UEMOA. Pour y arriver, les Etats membres de l’UEMOA devront accélérer leur processus de mise en œuvre des réformes afin de rattraper le retard, mieux appliquer la gestion de la dette, veiller à une efficacité des investissements publics dans infrastructures, etc.

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