Maroc : une grande marche dans la capitale en soutien aux manifestants du Rif

Dimanche 11 juin, la capitale marocaine Rabat a accueilli pour une matinée le «hirak» rifain. La grande marche s’est déroulée dans l’ordre et a été marquée par le retour attendu de l’organisation tolérée Justice et Bienfaisance (Al Adl Wal Ihsane). Dans les rangs également, des manifestants du Mouvement 20 février qui avait marqué les sit-in du printemps arabe» marocain.

Le mouvement de protestation du Rif s’est délocalisé le temps d’une journée du nord du Maroc vers la capitale Rabat. En effet, une immense foule a manifesté dans les artères de la capitale marocaine, le dimanche 11 juin, en soutien aux revendications des Rifains et pour la libération des détenus du mouvement, baptisé «hirak» par ses meneurs.

Bataille de chiffres

La marche rappelle par son ampleur celle du 20 février 2011, notamment grâce à la participation des membres de Jamaâ Al Adl Wal Ihsane. Cette dernière a même revendiqué la participation d’un million de manifestants, alors que les autorités locales relayent un nombre allant de 12 000 à 15 000 manifestants. D’autres encore évoquent le nombre de 50 000 personnes, voire 150 000 participants à cette marche.

Comme pour les marches du 20 février, le ralliement de la Jamâa s’est fait ressentir au sein des manifestants : les membres de la mouvance marchaient en deux files distinctes, les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Les parents des détenus rifains étaient également présents, notamment ceux du leader de la contestation, Nasser Zefzafi.

Calme à Rabat, affrontements au Rif

Contrairement aux autres manifestations, cette marche n’a enregistré aucun débordement, les autorités ayant fait profil bas pour l’occasion. Les slogans n’ont pour leur part que très peu différé de ceux scandés dans les rues d’Al Hoceima ou de Nador, appelant à la levée de la «militarisation» de la région, un meilleur accès aux soins, l’ouverture d’une université ou encore la lutte contre la corruption. Cette marche représente également un retour du Mouvement du 20 février et de ses revendications contre la corruption.

L’avènement du mois de Ramadan n’a rappelons-le pas stoppé la mobilisation dans le Rif. Les sit-in et les affrontements entre policiers et manifestants n’ont presque pas marqué de pause. Jeûne oblige, ces échauffourées ont juste été «retardées» au soir après la rupture du jeûne.

Des affrontements qui relèvent plus de la course-poursuite et qui durent jusqu’à l’aube, la reprise du jeûne faisant office de trêve officieuse. Les habitants des villes frondeuses offriraient même les repas de «l’iftar» et du «shour» aux membres des forces de l’ordre.

Al Adl Wal Ihsan prend position

Ces derniers jours ont également vu apparaître des contre-manifestations organisées dans les principales villes marocaines. Des marches et sit-in où sont arborés des drapeaux marocains et qui visent à «dénoncer le séparatisme et lutter contre la « fitna » (anarchie, NDLR)». Certains parmi ses manifestants «loyalistes» étaient présents à la marche du 11 juin, prêts à en découdre avec les manifestants, avant qu’ils ne se voient écartés des rangs des manifestations par les forces de l’ordre.

Le succès de la marche de Rabat rappelle par ailleurs les manifestations de 2011 par l’absence de structure organisatrice parlant au nom de l’ensemble des intervenants. Comme pour le Mouvement 20 février, l’affluence reste tributaire de la capacité de mobilisation de l’organisation d’Al Adl Wal Ihsane qui a décidé de sortir de l’ombre.

Certains voient pourtant dans ce soutien, un renfort inespéré des adeptes de Cheikh Yassine, alors que d’autres n’y voient qu’une simple opération de récupération du «hirak» par la Jamâa.D’ailleurs, le retrait d’Al Adl Wal Ihsane du Mouvement du 20 février en 2011 avait sonné le clap de fin des manifestations.
(Source : http://afrique.latribune.fr)

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