Congo : récession en vue pour la deuxième année consécutive

Les prévisions de croissance du Congo pour l’exercice 2017 ont été encore revues à la baisse. Selon le comité monétaire et financier national qui relève de la banque centrale sous-régionale, le rythme de croissance du PIB enregistrait une croissance négative de 1,9% contre 1% initialement projeté. La conjoncture au niveau régional reste toujours délicate même si la BEAC écarte toujours la nécessité d’une dévaluation du Franc CFA.

Pour la deuxième année consécutive, l’économie congolaise sera en récession. Les prévisions de croissance pour l’exercice 2017 viennent en effet d’être revues à la baisse à l’occasion de la tenue, mardi 4 juillet, de la réunion du Comité monétaire et financier national qui s’est tenue à Brazzaville sous la présidence du gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), le tchadien Abbas Mahamat Tolli.

Selon les estimations actualisées par le Comité, le taux de croissance du PIB en termes réels du Congo sur l’ensemble 2017 serait de -1,9% au lieu de 1% projeté initialement. En 2016, la croissance du PIB a enregistré une contre-performance de -2,8% et selon les autorités du pays, la situation pourrait s’améliorer pour les prochains mois.
Le ministre congolais des Finances, du budget et du portefeuille public, Calixte Nganongo, a évoqué le premier trimestre du prochain exercice pour envisager une nette amélioration de la situation, même si ces derniers mois, un léger redressement des cours des matières premières a été enregistré.

« Les perspectives en termes de croissance du Congo et de la sous-région sont réconfortantes et rassurantes. Nous espérons que cette situation va poursuivre », a ainsi apprécié le gouverneur de la BEAC alors que l’analyse de l’évolution des principaux indicateurs de l’économie du pays font ressortir une poursuite de la décélération des activités dans le secteur primaire mais aussi dans les autres secteurs hors pétrole. La baisse de la production pétrolière expliquerait en grande partie cette contre-performance qui confirme la persistance de la conjoncture économique que traverse le pays depuis deux années.

En attendant le FMI, aucune dévaluation du FCFA en vue

L’un des principaux points sur lequel était attendu la banque centrale des pays membres de la zone CEMAC, c’est la dévaluation du FCFA dans la sous-région. Depuis quelques temps en effet et en dépit des démentis des autorités politiques et financières de la sous-région, cette question revient sans cesse au devant de l’actualité comme probable alternative destinée à contenir la dégradation de la situation économique.

A Brazzaville, le gouverneur de la BEAC a de nouveau démenti « des rumeurs assez récurrentes depuis un certain moment »soulignant que la spécificité cette fois, « c’est qu’elles ciblent les six pays de zone CEMAC».
« Malgré les effets réels de la crise sur l’économie sous- régionale, il y a aucune raison de croire qu’il y aura une quelconque dévaluation qui peut être anticipée ». Abbas Mahamat Tolli, gouverneur de la BEAC.

Selon la banque centrale des pays de la CEMAC, la situation économique et financière de la sous-région a enregistré des progrès significatifs depuis la première dévaluation que les pays de la zone Franc ont connue en 1994. A titre d’exemple, le taux de couverture monétaire est passé de 14% en 1994 à 55% en 2016 grâce notamment à la mise en œuvre de certaines réformes en collaboration avec des partenaires comme le FMI.

Le FMI, justement, a été également évoqué lors de la réunion. Face à l’amplification de la crise économique engendrée principalement par la baisse des cours du pétrole entamée en 2014, les pays membres de la CEMAC ont dû faire appel à l’institution de Christine Lagarde qui était d’ailleurs en réunion d’urgence avec les chefs d’Etats de la sous-région en décembre dernier à Yaoundé.

Il faut dire que le Congo et la Guinée équatoriale restent les seuls pays de la zone CEMAC à n’avoir pas encore bénéficié d’un programme de soutien en contrepartie de réformes avec le FMI. Le Tchad et la Centrafrique et tout récemment le Cameroun et le Gabon sont en effet désormais sous assistance financière du Fonds afin notamment d’engager les réformes nécessaires pour une sortie de crise.

Le Congo étudie actuellement les solutions qui s’offrent à lui pour faire face à la dégradation de ses équilibres macroéconomiques notamment des déficits qui battent des records tout comme des taux d’inflation et d’endettement qui ont atteint des seuils critiques.

Le pays table toutefois sur une amélioration de la situation à moyen terme grâce notamment à la résilience de son secteur bancaire dont le niveau de liquidités disponibles est assez important pour permettre d’atténuer l’inflation, en attendant le rebond des cours des principales matières premières qu’exportent le pays notamment l’or noir.
(Source : http://afrique.latribune.fr)

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