Les actionnaires d’Arik Air portent plainte contre le gouvernement du Nigéria et Ethiopian Airlines

Les actionnaires de la compagnie aérienne privée nigériane Arik Air ont engagé un bras de fer judiciaire avec le gouvernement fédéral du Nigeria et la compagnie Ethiopian Airlines. Les investisseurs privés nigérians qui ne veulent pas céder leurs parts à la compagnie étrangère, pressentie comme potentiel acquéreur de la « mourante » Arik Air, ont porté plainte contre les deux parties. Ils exigent la nullité des « négociations » en cours devant aboutir à un « éventuel » rachat.

Les démentis de l’Asset management corporation of nigeria (AMCON), l’organisme public en charge depuis février dernier de la gestion d’Arik Air, n’ont pas rassuré les actionnaires de la compagnie nigériane au bord de la faillite. Au début du mois de septembre, l’autorité publique nigériane avait démenti toute négociation en cours entre le gouvernement nigérian et Ethiopian Airlines pour le rachat de Arik Air. Mais voilà que les actionnaires de la première compagnie privée nigériane viennent d’engager des poursuites judiciaires contre la compagnie aérienne éthiopienne et le gouvernement nigérian.

55 millions de dollars à titre de dommages et intérêts

Les actionnaires privés nigérians ont déposé une plainte le 06 septembre dernier auprès de la Haute cour fédérale du Nigeria, à Lagos, contre Ethiopian Airlines et le ministère fédéral des Transports, indique l’agence de presse Ecofin. Les actionnaires nigérians qui ne veulent pas céder leurs parts à Ethiopian Airlines, exigent l’arrêt immédiat « des négociations » entre les deux parties.

Et ils réclament la coquette somme de 55 millions de dollars à titre de dommages et intérêts estimant que « les négociations ont causé des difficultés excessives et des dégâts irréparables à la marque Arik Air et aux discussions d’investissement en cours, ainsi qu’une détresse insupportable aux actionnaires et aux administrateurs de la compagnie aérienne. »

Dans la même foulée, les investisseurs nigérians estiment que « le ministère fédéral nigérian des transports n’avait pas compétence à céder la compagnie à Ethiopian Airlines. Et ce, dans la mesure où la reprise d’Arik Air par la structure du gouvernement nigérian (AMCON), le 08 février 2017, avait fait l’objet d’une opposition dont le procès était toujours en instance.».

Pas question de vendre Arik air

A cet égard d’ailleurs, les actionnaires de la compagnie privée nigériane ont demandé à la Haute cour fédérale du Nigeria de rendre une ordonnance instruisant le procureur général d’ouvrir une enquête sur Ethiopian Airlines quant à une possible immixtion et interférence dans un procès en cours, selon toujours la même source.

Les investisseurs nigérians espèrent faire redécoller de leurs propres ailes la compagnie aérienne privée Arik Air qui aujourd’hui croule encore sous le poids d’une dette énorme et en constante hausse. Une situation certes difficile pour la compagnie mais pour les investisseurs locaux ragaillardis par la récente sortie de la récession dans laquelle l’économie nigériane était plongée depuis près de deux ans, relancer Arik Air à travers une nouvelle stratégie portée par des intérêts publics et privés, est une opportunité d’affaire.

De plus, le Nigéria est un marché stratégique pour une compagnie aérienne. Le Nigéria, pays le plus peuplé d’Afrique est par ailleurs la première puissance économique africaine. Un marché juteux qui aiguise bien des appétits. Et la très gourmande Ethiopian Airlines qui s’est déjà bien positionnée avec ses partenaires dans le pays, ne veut laisser aucune miette aux investisseurs nationaux qui sont pourtant bien décidés à contrecarrer les ambitions des investisseurs étrangers. Affaire à suivre…
(Source : http://afrique.latribune.fr)

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