Émigration clandestine : les Etats-Unis sanctionnent trois pays africains « récalcitrants »

Depuis juin 2016, le Sénégal a rapatrié plus d’une centaine de ses émigrés illégaux aux Etats-unis, respectant ainsi à la lettre les injonctions de Washington. Ce qui ne semble pas le cas pour nombre des voisins africains du pays de la teranga, à l’instar de la Guinée-Conakry, de la Sierra Léone et de l’Erythrée. Considérés comme «récalcitrants» par l’administration Trump, ces trois pays sont frappés d’une mesure de restriction d’octroi de visa d’entrée sur le territoire américain.

Donald Trump met à exécution ses menaces. Le président des Etats Unis vient de prendre une décision ferme interdisant temporairement l’octroi de visa américain aux ressortissants de trois pays africains à qui Washington reproche de ne pas avoir assez coopéré pour rapatrier leurs ressortissants se trouvant en situation administrative irrégulière sur le sol américain, indique l’agence Ecofin.

La liste de ces pays africains «récalcitrants», selon l’administration Trump, n’est pas longue. Il s’agit notamment de la Guinée-Conakry, de la Sierra Léone et de l’Erythrée qui totalisent près de 3 700 émigrés clandestins au pays de l’Oncle Sam devant être expulsés.

Depuis des mois, le gouvernement américain appelle les trois pays africains à rapatrier leurs émigrés vivants de manière irrégulière sur le sol américain. Mais jusque-là, selon Washington, les Etats africains traînaient les pieds, prenant à la légère les menaces de restriction de visa.

La mesure ne concerne que les officiels pour l’heure, mais…

Pourtant un pays comme la Guinée de Alpha Condé qui doit, à lui seul, rapatrier plus de 2 000 émigrés des États-Unis, avait promis au mois de juin de coopérer avec les autorités américaines afin de trouver la meilleure formule de rapatriement de ses ressortissants. Une main tendue, mais très vite retirée, car Conakry s’est rendue compte récemment que les expulsions du gouvernement américain ne concernaient pas uniquement les Guinéens qui ont commis des crimes, ou condamnés et qui ont fini de purger leur peine aux Etats unis.

Trump voulait aussi expulser d’autres émigrés guinéens dont «le seul tort était d’entrer illégalement dans le territoire de la première puissance mondiale». Or, la Guinée, l’un des pays les plus pauvres au monde, ne veut pas se retrouver avec des «rapatriés économiques».

Devant cette volte-face des autorités guinéennes, l’administration américaine s’est radicalisée mettant ses menaces à exécution. Ainsi, depuis mercredi 13 septembre, l’ambassade des Etats-Unis en Guinée a interrompu la délivrance de visas B, F, J et M «aux officiels guinéens ainsi qu’aux membres de leurs familles proches, avec quelques exceptions limitées» ,précise la même source. De la même manière, la représentation diplomatique américaine en Erythrée a elle aussi cessé de délivrer tout visa B (affaires ou vacances).

Si pour l’heure, la mesure de restriction de visa ne concerne que les officiels, le Département américain de la sécurité a tenu à préciser que «cette décision pourrait s’appliquer à certaines catégories de demandeurs», sans autre précision.
(Source : http://afrique.latribune.fr)

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