Infrastructures : lancement officiel de la campagne de financement du NEPAD

L’Afrique est un marché juteux pour les investisseurs, mais le déficit de financement des projets considérés comme prioritaires ne cesse de se creuser. La campagne Agenda 5% du NEPAD, lancée officiellement à New York ce 18 septembre pour le financement des infrastructures en Afrique, semble partie pour mettre fin à ce paradoxe.

C’est parti pour de nouvelles voies d’espérance pour le continent africain en panne d’investissements ! Le lancement de la campagne de financement du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) a été officialisé hier 18 septembre à New York au NASDAQ Stock Market. Le lancement de la campagne pour le financement de cette structure de l’Union africaine et par ailleurs canal principal du soutien de l’ONU à l’Afrique adoptée depuis 2012, a réuni des investisseurs internationaux de haut niveau, ainsi que des PDG et chefs d’entreprise, tant le défi à relever est important.

Combler un déficit de 93 milliards de dollars par an

L’objectif de cette initiative est d’augmenter les financements dans les infrastructures en Afrique pour atteindre le seuil déclaré de 5%. Autrement dit, combler l’énorme déficit financier estimé à plusieurs milliards de dollars du secteur des infrastructures sur le continent africain. Selon la Banque mondiale, l’Afrique a besoin de 93 milliards par an pour combler ses besoins en énergie, en eau et assainissement, dans les transports, les TIC et l’irrigation d’ici à 2020. Un besoin urgent dans la mesure où le déficit financier coûte chaque année au Continent l’équivalent de deux points de croissance de son PIB.

Pour agir plus vite afin de résorber le déficit infrastructurel de l’Afrique, l’Union africaine a ciblé plusieurs programmes prioritaires, notamment le Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA) avec ses 51 programmes d’infrastructure transfrontalière et plus de 400 projets à mettre en œuvre. Des projets «ambitieux» dont l’Afrique a tant besoin, comme le confirme Ibrahim Assane Mayaki, secrétaire exécutif du NEPAD.

 «Les infrastructures jouent un rôle de tout premier plan pour la croissance du Continent. Dans le même temps, elles peuvent représenter une classe d’actifs innovante et attrayante pour les investisseurs institutionnels engagés sur le long terme».

Convaincre les investisseurs

Pour convaincre les investisseurs, les chefs d’Etat et de gouvernement à l’origine de cette campagne misent sur les potentialités et les opportunités d’affaires des pays du Continent qui verront leurs économies augmenter de 4% à 7% ici à 2019, selon les estimations de la Banque mondiale.

«En lançant la campagne Agenda 5% à New York aujourd’hui, nous invitons les investisseurs à profiter des immenses opportunités qu’offre l’Afrique et à progresser ainsi dans ce qui ne serait être qu’un partenariat gagnant-gagnant», a tenté de convaincre le secrétaire exécutif du NEPAD.

Ce qui est pourtant loin de convaincre les investisseurs qui s’exposeraient encore aux risques.

«Chaque jour, l’Afrique devient de plus en plus forte, avec de nouvelles opportunités d’affaires et des idées novatrices. Ce qui manque au Continent aujourd’hui, c’est la mise en œuvre des projets. Une approche cohérente et coordonnée est donc nécessaire pour mobiliser les investisseurs tout en limitant leur exposition aux risques», a estimé pour sa part Tony O. Elumelu membre actif du Réseau d’affaires continental (CBN) du PIDA.

Pour rappel, l’Afrique a réussi à clôturer seulement 158 projets de financement au cours de la décennie 2004-2013 avec une dette de 59 milliards de dollars. Le Continent attend beaucoup de cette campagne de financement. Parmi les besoins exprimés figure en premier le déblocage de sources notables et mesurables de capitaux nécessaires à la mise en œuvre des projets d’infrastructure nationaux et régionaux sur le Continent.

(Source : http://afrique.latribune.fr/)

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