Litige maritime ivoiro-ghanéen : Accra remporte la bataille devant la justice

Le Tribunal international du droit de la mer, basé à Hambourg en Allemagne a tranché en faveur du Ghana dans son différend sur la délimitation de sa frontière maritime avec la Côte d’Ivoire. La zone litigieuse, riche en pétrole offshore, reste donc ghanéenne. Le verdict devrait amorcer l’accélération de l’exploitation de l’or noir dans le pays. Et certains s’en frottent déjà les mains.

Sur la table des juges du Tribunal International du droit de la mer(TIDM), un différend maritime porté devant la cour depuis 2014. Trois années plus tard, la frontière maritime entre le Ghana et la Côte d’Ivoire est désormais fixée par la « méthode d’équidistance » adoptée à l’unanimité par l’institution basée à Hambourg.

La frontière maritime Ghana-Côte-d’Ivoire désormais fixée par « équidistance »

Au détriment de la « méthode bissectrice » proposée par la Côte d’Ivoire, le TIDM a tranché en faveur du Ghana. Dès 2010, Accra exploitait des puits pétroliers offshores dans la zone litigieuse qui abrite le plus grand gisement d’Afrique de l’Ouest de ces 10 dernières années.

Dans son arrêt rendu ce samedi, la Chambre spéciale du TIDM estime qu’«il n’existe pas d’accord tacite entre les Parties par lequel elles auraient délimité leur mer territoriale, leur zone économique exclusive et leur plateau continental ». Au final, le Président de la Chambre spéciale, le juge Boualem Bouguetaia, qui a donné lecture du verdict, indique au nom de la Cour que « le Ghana n’a pas violé les droits souverains de la Côte d’Ivoire ». Ce verdict favorable au Ghana ne devrait pas faire des heureux en Côte d’Ivoire.

Avant ce verdict qui clos le dossier, le tracé de la frontière maritime entre les deux pays était au centre d’un litige que les deux voisins disaient vouloir régler au nom de la « fraternité » et de l’ « amitié » entre les deux pays. Un engagement pour une « solution négociée » a même été mis en avant lors de la visite en mai de Nana Akufo-Addo à son homologue ivoirien, Alassane Ouattara. En coulisses pourtant, les deux pays ont tenté chacun de remporter la mise et mettre la main sur les vannes du pétrole offshores de la zone.

Vers une accélération de l’exploitation offshore au Ghana?

En 2015, la Côte d’Ivoire a obtenu du TIDM, une injonction adressée au Ghana pour la limitation de ses activités pétrolières dans la zone en attendant un jugement de l’affaire sur le fond. La Côte d’Ivoire a estimé « illégales », les « activités unilatérales du Ghana dans les zones maritimes  »ivoiriennes » sont une violation de ses droits souverains exclusifs ».Les arguments du Ghana se sont résumés à rappeler la reconnaissance entre les deux pays « d’une frontière maritime commune, et ce pendant plus de 50 ans. Cette frontière suit une ligne d’équidistance ».

L’arrêt de la Cour en faveur d’Accra devrait permettre au Ghana de relancer les activités pétrolières dans la zone, ralenties depuis 2010 en raison de ce différend territorial. Conforté dans sa légitimité par le verdict, le Ghana devrait ouvrir la voie à plus de prospection et à davantage de compagnies pétrolières.
Tullow Oil, qui s’est rangée derrière le Ghana, devrait être la première à se frotter les mains. La compagnie pétrolière britannique qui détient déjà 11 forages dans la zone frontalière, envisage de porter à 24, le nombre de ses forages offshores. La capacité des puits du géant britannique passerait alors de 48.000 barils/jour à 80.000 barils/jours. Le début de l’âge d’or du offshore au Ghana ?
(Source : afrique.latribune.fr)

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