Obligations souveraines : l’Afrique, un marché à haut risque ?

Les bonds libellés en dollars émis par le pays d’Afrique semblent avoir le vent en poupe, en témoigne les 6% de rendements fixés par l’indice d’obligations souveraines en Afrique de Standard Bank. Un mouvement qui se maintient depuis l’euphorie de la période entre 2006 et 2014, mais qui peut se montrer vulnérable à l’affaiblissement des pays exportateurs de pétrole.

Le marché africain des obligations libellées en dollars suscite de plus en plus l’intérêt des grands acquéreurs internationaux. Ce marché enregistre un rendement de 6%, selon l’indice d’obligations souveraines en Afrique de Standard Bank, alors que les obligations locales de l’indice AFMI Bloomberg African Bond présentent un rendement moyen de 12%.

Une histoire récente

Un enthousiasme pondéré par l’indice Bloomberg des obligations souveraines des marchés émergents qui situe les obligations africaines à 4,4%. Il n’empêche que le marché subsaharien des obligations libellées en dollars connaît une croissance soutenue, vu qu’il est récent. En effet, la majeure partie de l’offre subsaharienne n’existait pas il y a une décennie sur le marché obligataire international.

Le premier émetteur d’obligations en dollars du Continent est, rappelons-le, l’Afrique du Sud qui a émis ses premières obligations lors des années 1990. Par la suite, des pays comme le Rwanda, le Ghana ou encore le Cameroun ont emboîté le pas à Pretoria. Plus récemment, la Côte d’Ivoire a vendu pour 1,25 milliard de dollars d’obligations de 16 ans et près de 629 millions de dollars de bonds de 8 ans.

Améliorer la résilience

La multiplication de l’offre africaine entre 2006 et 2014 a coïncidé avec les performances de croissance continentale de l’époque par rapport aux pays développés et sa résistance face à la crise mondiale. Ce qui a fortement contribué à aiguiser l’intérêt des investisseurs étrangers pour le Continent. Pour rappel, les pays de la zone avaient émis près de 26 milliards de dollars sur la même période.

Entre temps, la baisse des cours du pétrole qui a suivi la dynamique de la dernière décennie a fortement réduit les excédents constitués par les pays exportateurs de pétrole, alors que leurs gouvernements, en augmentant leurs dépenses courantes pour répondre à leurs besoins d’infrastructures, ont fragilisé leur position face à un possible contre-choc.
L’absence d’un marché obligataire intérieur assez résilient pour attirer l’épargne intérieure et extérieure à long terme représente également un risque pour les émetteurs africains. Le maintien de ce trend haussier passe d’ailleurs par l’établissement d’un marché interbancaire efficace. S’y ajoute le fait que les banques commerciales représentent généralement l’essentiel des investisseurs et que les banques panafricaines sont de plus en plus actives au niveau continental.
(Source : http://afrique.latribune.fr)

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