Sénégal : La FAO accompagne les acteurs nationaux du secteur alimentaire dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens (RAM)

D’après un communiqué de la FAO, la résistance aux antimicrobiens (RAM) intervient lorsque des bactéries, des virus, des parasites et des champignons développent une résistance aux médicaments qui avaient été auparavant utilisés pour les traiter. Selon une étude récente, chaque année, environ 700 000 décès sont liés à la RAM.

« Au Sénégal, l’évaluation externe conjointe du Règlement Sanitaire International (RSI, 2005) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), réalisée en novembre 2016, a donné des scores faibles par rapport aux indicateurs de la RAM. La présence de ces pathogènes résistants dans l’alimentation locale, importée et exportée, peut avoir des conséquences néfastes sur la santé des consommateurs et sur les exportations du Sénégal vers les autres pays », note le document.

Toujours d’après la source, pour fournir des aliments sains aux consommateurs et promouvoir l’exportation des produits sénégalais, les acteurs nationaux notamment du commerce sont encouragés à contribuer à la lutte contre la RAM au Sénégal. C’est dans ce cadre que des autorités, des commerçants, des producteurs, des industriels, des membres de corps de contrôle et d’associations de défense des consommateurs ont été réunis, pour être sensibilisés sur l’utilisation abusive d’antibiotiques chez l’homme comme chez les animaux et ses conséquences sur la santé humaine, animale et environnementale.

« La résistance aux antimicrobiens est une problématique plus que complexe en raison de l’absence de frontières définies », a relevé le Directeur de Cabinet du Ministère du Commerce, de la Consommation, du Secteur informel et des PME, Augustin Faye, à l’ouverture de cet atelier organisé dans le cadre du projet de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) « Soutien au Programme de sécurité sanitaire mondiale (GHSA) dans la lutte contre les zoonoses et le renforcement de la santé animale en Afrique » financé par l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID).

Il a estimé que « seule une approche coordonnée et concertée, dans le cadre du concept « Une seule santé », basée sur l’implication de divers acteurs à compétence multisectorielle et pluridisciplinaire, permettra d’apporter une réponse efficace à la dimension de la menace ».

« Cette mutualisation des actions contre la RAM nécessite un plan national de lutte et une sensibilisation des populations et des professionnels de la santé et de la sécurité sanitaire des aliments sur la promotion du bon usage des antibiotiques en vue d’éviter l’apparition de nouveaux mécanismes de résistance », a-t-il noté.

Intégrer l’approche « Une seule santé » dans les plans nationaux de lutte contre la RAM

D’après la source, selon la première étude annuelle menée, en 2016, par la FAO, l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l’OMS sur les progrès accomplis dans le cadre de la mise en œuvre de plan d’action national contre la RAM, plus de 6,5 milliards de personnes – soit plus de 90 pour cent de la population mondiale – vivent maintenant dans un pays qui a déjà mis en œuvre un plan d’action national ou est en train de l’élaborer. L’étude relève que presque tous ces plans intègrent la santé humaine et animale dans leurs stratégies et correspondent à l’approche multisectorielle recommandée «Une seule santé».

« La progression mondiale de la RAM représente une menace majeure pour la santé humaine et animale. Elle met en danger la médecine vétérinaire et humaine moderne et constitue un risque pour la salubrité de notre alimentation et de notre environnement », a souligné le Chargé de Programme de la FAO au Sénégal, Cheikh Gueye.
« Le plan d’action contre la RAM soutient le plan d’action mondial pour combattre la résistance aux antimicrobiens de l’OMS. Ce plan insiste sur la nécessité d’adopter une approche « Une seule santé ». Son objectif est d’aider les États membres à élaborer et à mettre en œuvre des plans d’action nationaux multisectoriels pour combattre la RAM », a-t-il expliqué.

Pratiquer l’antibiogramme pour la détection précoce et le contrôle de la RAM

La source précise que pour lutter contre la RAM présente dans la chaîne alimentaire, la disponibilité des données sur les pathogènes résistants d’origine alimentaire est primordiale. L’utilisation systématique de l’antibiogramme est encouragée dans tous les laboratoires alimentaires pour générer des données et permettre la surveillance et l’analyse des risques de RAM.

« C’est dans ce cadre qu’une formation sur l’utilisation de l’antibiogramme a été organisée, les 21 et 22 novembre 2017, en prélude à l’atelier de sensibilisation sur la RAM. L’objectif était de renforcer les compétences des techniciens des laboratoires d’analyses et de contrôles alimentaires dans la détection et l’identification des germes résistants aux antimicrobiens. Cette formation permettra aux laboratoires d’avoir des compétences accrues pour le diagnostic précoce des germes ayant des pouvoirs de résistances antimicrobiennes, mais également de faire, au fur et à mesure, la cartographie de ces germes dangereux pour la santé publique et environnementale », explique-t-on dans le document.
Toujours selon la source, le point focal de la RAM, Iyane Sow, a rappelé que « l’utilisation inadéquate des antibiotiques constitue une ampleur mondiale et c’est pourquoi il faut travailler en équipe à l’échelle nationale pour illustrer l’esprit « Une seule santé » avant d’ajouter qu’ « il reste d’avoir des moyens adéquats pour la mise en œuvre d’un plan d’action national multisectoriel de lutte contre la RAM ».
M. DIA

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