Le Partenariat Public-Privé, produit d’avenir contributeur au développement de l’Afrique

Les Partenariats Public-Privé (PPP) constituent une réelle opportunité pour l’Afrique. En comparaison avec les autres modes de financement de commandes d’infrastructures, les PPP représentent pour les Etats un moyen d’utilisation optimale des ressources pour leurs politiques de développement, dans un double contexte de tension budgétaire et de réflexion autour de la rationalisation du périmètre dévolu à l’action publique.

Portées entre autres par les rencontres Africa Renewable Energy Forum et COP 22 de Marrakech, par la dernière COP 23 et le One Planet Summit parisien, les initiatives en matière d’énergies renouvelables fleurissent et sont amenées à se développer de manière exponentielle sur le continent. La récente déclaration de la Banque Mondiale – quant à sa volonté de « couper » les dotations concernant l’exploration dans les secteurs pétrolier et gazier à l’horizon 2019 – renforce la tendance : le développement du continent africain devra capitaliser sur des alliances gagnantes entre un vecteur agile – incarné par le PPP – et une vision durable des Etats matérialisée par des stratégies de transition écologique de plus en plus perfectionnées.

Car les exemples de réussite sur ce terrain ne manquent pas. Le plein succès du projet de construction du plus grand parc éolien d’Afrique, localisé aux abords du lac Turkana au Kenya, s’est structuré grâce à un PPP. Les 365 turbines livrées à l’Etat kenyan en 2017, avec 6 mois d’avance sur le prévisionnel, fourniront pas moins de 310 MW une fois le raccordement au réseau effectué. On peut également citer le projet pharaonique engagé par le Royaume du Maroc dans la province de Ouarzazate.

Ce PPP, déjà opérationnel avec son entité Noor 1, relève l’ambitieux pari de construire le plus important complexe énergétique solaire du monde. Enfin, c’est un champion marocain, Nova Power, qui a décroché en mai dernier un contrat au profit du gouvernement ivoirien, dans le cadre d’un partenariat multipartite portant sur la conception, le financement, l’exploitation et l’entretien d’une centrale solaire au nord du pays, à Benguébougou précisément.

« Private vices, public benefits » : une convergence spontanée d’intérêts au service de l’Afrique

Ces trois constats empiriques d’audace bilatérale appuient le fait que les États africains envisagent aujourd’hui de véritables stratégies coordonnées d’accroissement de leur développement. Cela est rendu possible grâce à une double approche d’appui sur des plans sectoriels et des programmes d’infrastructures ambitieux, dans un environnement où d’importantes mutations des modes de gouvernance sont à l’œuvre.

De manière transversale, la triple question de l’efficience, de l’efficacité et de l’évaluation de l’action publique – en matière de financement du développement et de stimulation de l’économie – est plus que jamais au cœur des préoccupations des leaders politiques du continent.

Or, les détracteurs des contrats multipartites, portés par la crainte des risques politiques, sécuritaires et financiers, voient leur pessimisme lissé par la responsabilisation croissante des États ainsi que par les garanties fortes apportées par les institutions internationales et les bailleurs de fonds. C’est en poursuivant ce but que la Multilateral Investment Guarantee Agency (MIGA), une filiale du groupe Banque mondiale, assure sur demande les investissements engagés dans le cadre de la souscription à un contrat de PPP.

Ce mode de contractualisation, point de convergence d’une véritable vision « afro-optimiste », s’impose dès lors comme un vecteur indéniable d’intégration régionale et de croissance inclusive.

Concilier la vision stratégique et les exigences du secteur public avec la créativité et l’émulation concurrentielle portées par la sphère privée

Transparence, pragmatisme et protection est devenu le triptyque vertueux qui conditionne de manière incompressible la réussite d’une véritable coopération entre partenaires publics et privés lors de la signature d’un PPP. Ceci ouvre la voie à une nouvelle génération de contrats multipartites, plus agiles, mieux structurés, plus inclusifs et plus exigeants pour l’ensemble des parties prenantes. En effet, ce mode de contractualisation associe le secteur public à des opérateurs privés ainsi qu’à des acteurs de la société civile, mis à contribution par une démarche RSE.

Devenu central dans la conversation du continent, le PPP est de plus en plus plébiscité par les organismes multilatéraux, à l’image de la Banque Africaine de Développement, ainsi que par les nations africaines, à l’instar du Maroc, du Sénégal, du Mali, de la Mauritanie et de l’Afrique du Sud. Mais plébisciter n’est pas synonyme de « brader » et ces nations le prouvent par la lucidité stratégique qu’elles déploient en légiférant de manière pragmatique afin d’encadrer ce procédé performant.

Le PPP, outil d’émancipation par l’économie, doit donc se concevoir comme un produit d’avenir contributeur au développement de l’Afrique. Il dispose en effet de toutes les caractéristiques, porteuses d’opportunités et d’espoirs, pour devenir un véritable catalyseur d’une croissance endogène et durable du continent africain.
(Source : https://afrique.latribune.fr)

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